Des pompiers au tribunal, ce mardi 3 novembre 2009

Des pompiers au tribunal, ce mardi 3 novembre 2009
De nombreux professionnels du feu ont été choqués par l es plaidoiries de certains inculpés, Fluxys et Husqvarna en particulier : s'il avait fait évacuer le site Diamant Boart, estiment les avocats des prévenus, le commandant Pettiaux aurait limité, voire empêché, un désastre humain. Ce mardi, l'avocat de la famille Pettiaux (Me Rivière) et les conseils d'autres familles d'hommes du feu donneront la réplique en présence de pompiers.

L'appel a été lancé par le commandant des pompiers de Mouscron, Pol Lowagie, en sa qualité de président de l'Union provinciale du Hainaut. « Fluxys, Tramo, Diamand Bord et les autres n'hésitent pas à fustiger, pointer du doigt et dire haut et fort que tout ce qui s'est passé, c'est à cause du commandant des pompiers qui n'a pas demandé d'évacuer les lieux. Par après c'est toujours facile de dire "il aurait fallu..." C'est facile de faire la guerre lorsqu'on connaît la position de l'ennemi. Qui d'entre-nous oserait jurer qu'il aurait agi autrement face à pareille situation ? », explique M. Loagie dans un courrier électronique envoyé à de nombreuses casernes du pays et relayé par la FRCSPB (Fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique).

Par leur présence au moment des plaidoiries, les pompiers entendent « honorer la mémoire du commandant Pettiaux, qui n'est plus là pour se défendre, et celle des autres collègues et victimes disparus ». Julien Pettiaux, fils du commandant défunt, a lui-même exprimé le souhait de ne pas être seul lorsque plaidera le conseil de la famille.« Une présence nombreuse et digne (en uniforme) permettra d'honorer sa mémoire et de rendre hommage à toutes les victimes », estime le commandant Lowagie. Qui insiste : « Notre présence ne doit constituer une quelconque revendication ou récupération mais simplement être le témoignage de notre sympathie et affection envers les familles de nos collègues décédés ».

Il ne faut donc pas s'attendre à une manifestation ce mardi, ni à un cortège spectaculaire de véhicules de pompiers, et encore moins à un concert de sirènes.

« Surtout pas ! On ne va pas dire, comme on a pu l'entendre au tribunal : "ce n'est pas nous, c'est les autres" », insiste Jean-Claude Mondo. Le commandant des pompiers tournaisiens fait partie de ceux qui, la semaine dernière, ont été stupéfaits voire indignés par la façon avec laquelle des avocats ont évoqué la gestion de la fuite de gaz par le commandant des pompiers d'Ath. « Je peux accepter qu'on puisse dire qu'il a peut-être moyen d'apprécier d'une autre manière le danger, mais il y a la façon de le dire... Ici, j'ai l'impression qu'on a désigné un coupable, une personne décédée en l'occurrence ». Eddy Pettiaux était commandant depuis peu de temps, mais il était officier depuis vingt ans, rappelle M. Mondo. C'était quelqu'un de très rigoureux, très sensible à tout ce qui concernait la prévention, se souvient-il. « Rien n'est jamais simple dans ce genre de situation, et c'était particulièrement vrai à Ghislenghien. J'ai l'impression que le commandant Pettiaux ne disposait pas de toutes les informations. Aurait-il dû faire évacuer les lieux, confiner certaines personnes dans les bâtiments voisins ? Après un drame, c'est toujours plus facile de dire ce qu'il aurait fallu faire... Qui peut dire comment il aurait réagi ce matin-là ? Personne. »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 30 octobre 2009 08:16

Modifié le lundi 02 novembre 2009 01:14

« Pas de haine, de la colère... »

« Pas de haine, de la colère... »
Comme il l'avait déjà fait voici quelques semaines, le président a permis aux parties civiles (les personnes physiques uniquement) de s'exprimer devant le tribunal. Stéphane Delfosse, le policier athois grièvement brûlé (il était sorti du coma quatre mois après la catastrophe) et seul survivant du périmètre zéro, a été le seul à le faire ce mardi. Non sans expliquer préalablement, aux côtés de son avocat, Me Geert de Mets, les raisons qui l'y ont poussé : « J'attendais d'avoir entendu un maximum d'informations, et qu'en même temps une présence plus importante me permettait de bénéficier d'un peu d'attention de la part de certains ».

Ces dernières années, M. Delfosse a répondu à de nombreuses interviews, il a écrit un livre, il a rédigé des dizaines de billets dans notre quotidien... « Mais je ne voudrais pas qu'on pense que j'ai peur de m'exprimer au sein de ce tribunal. J'ai l'habitude de dire les choses en présence de mes interlocuteurs ». Un couvre-chef couvre le crâne de Stéphane Delfosse. Pas par souci de coquetterie, dit-il, « mais tout simplement parce que je n'ai pas envie de vous montrer ce que moi-même j'ai difficile de regarder. De plus, sur le fond des choses, cela ne changerait pas grand-chose. Une victime, manchot, unijambiste, cul-de-jatte, aveugle, défigurée ou légèrement touchée reste une victime. Il n'y a pas de passe-droit en fonction de la gravité de nos blessures. J'en suis parfaitement conscient ». Les yeux dirigés vers le président du tribunal, il s'adresse aux prévenus : « Je suis également convaincu, et je parle en mon nom propre, que nos souffrances sont comprises par certains prévenus. Je ne suis d'ailleurs pas insensible à leur présence malgré les difficultés que cela peut engendrer. Et c'est pour cela que je puis vous affirmer que je m'exprime sans aucune haine à leur égard. Cela a déjà été dit, personne n'a voulu de ce scénario catastrophe. Pas de haine mais de la tristesse et de la colère ». Une colère contenue tous les jours, encore maintenant, insiste-t-il.

« Alors que l'occasion m'était donnée presque quotidiennement de citer nommément des responsables, j'ai tenu dès le début à ne cibler personne en respect de la procédure en cours. Je vais continuer dans cette voie mais je vais malgré tout citer des noms ». Premier nom : celui d'Eddy Pettiaux, le commandant des pompiers, que les conseils de Fluxys et d'Husqvarna ont pointé du doigt en estimant qu'il aurait dû faire évacuer les lieux. « Je ne suis pas son avocat, il n'en a pas besoin, il est mort à côté de ses hommes. Mais je m'autorise à défendre son honneur car j'ai eu le malheureux privilège de vivre ses derniers instants. Eddy Pettiaux mérite comme nous tous son statut de victime ».

Second nom cité par M. Delfosse : celui de Pierre Dubois. « Il était mon collègue et ami, il m'a accompagné car c'était son boulot. Comme j'ai pu l'entendre, il aurait fallu désobéir (NDLR : la défense d'Husqvarna avait évoqué l'inquiétude de certains intervenants sur place). Je vous avoue qu'en vingt ans de carrière, j'avais déjà entendu pas mal de choses mais on atteint là des sommets jamais explorés. Mes bras m'en sont tombés (au figuré précise-t-il). Peut-être fallait-il casser les ailes d'un vilain canard ou bien de vilains poulets ? » Pour Stéphane Delfosse et les autres membres des services de secours, la seule désobéissance inacceptable aurait été de ne pas se rendre sur place afin d'apporter de l'aide. « Pourtant, si tel avait été le cas, mes enfants auraient encore un père normal, mon épouse un mari vieilli mais physiquement correct. Pierre serait toujours là. Les pompiers aussi.

Je ne souhaite à personne de devoir un jour faire appel aux secours car cela se passe toujours dans des situations délicates voire dangereuses. Mais si cela devait être le cas, j'espère que vous tomberez sur des hommes comme Eddy Pettiaux, Guy Lison, Pierre Diricq, Jean-Pierre Laloy, Noël Merlin et Pierre Dubois ».
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 08:00

« Papy, pourquoi as-tu laissé papa être pompier ? »

« Papy, pourquoi as-tu laissé papa être pompier ? »
Pierre Diricq, pompier volontaire athois, est décédé le jour de l'explosion à l'âge de 34 ans. « Ses enfants avaient trois ans et onze mois lors de son départ définitif », dit Léon Diricq. Ses deux petits enfants souffrent terriblement de l'absence de leur papa, et posent des questions. Aurore : « Papy, pourquoi tu as laissé papa être pompier ? » Arnaud, la veille de prendre l'avion : « Dans le ciel, est-ce que je pourrai dire bonjour à papa et l'embrasser ? » Léon Diricq ne comprend toujours pas comment, avec trois responsables chargés de la sécurité, un tel drame a pu se produire. « C'est ce qui m'interpelle le plus ».

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 03:02

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 08:43

GHISLENGHIEN Fluxys accuse les pompiers!!!!!!!!!

Le Ministère public souhaite la condamnation de Fluxys envers et contre tout, mais par là fait perdre sa légitimité à tout son réquisitoire. » Il survole différents aspects de la plaidoirie en relevant notamment que les canalisations répondaient aux dispositions légales, que Fluxys applique des conditions de sécurité strictes, « souvent plus draconiennes que chez d'autres transporteurs », que la société n'a jamais été avisée de l'incident du 24 juin.

« Et à supposer que certains griefs puissent être retenus, ce que nous contestons, il faut noter que ces prétendues fautes n'ont aucun lien causal avec le dommage... » L'avocat de Fluxys passe alors de la défense à la contre-attaque, en cernant deux éléments : l'endommagement de la conduite et la réaction des services de secours le 30 juillet au matin.

Pour Me Preumont, une vérité est incontournable : la conduite de gaz a été endommagée, « alors que tous les entrepreneurs étaient au courant de la présence des canalisations », et donc des interdictions strictes s'y rapportant. « Et puis, Fluxys a été tenu dans l'ignorance de l'incident, alors que si la société en avait été informée rapidement, elle aurait pu réagir adéquatement. « On savait et on s'est tu ; pourquoi ? Parce que ça allait prendre du temps peut-être s'il fallait réparer quelque chose... »« Le jour de l'accident, l'absence d'évacuation immédiate des lieux par le service incendie est en lien direct avec le nombre élevé de victimes et la gravité des lésions » poursuit Me Preumont. « Fluxys a été informé tardivement d'un problème et a reçu des informations imprécises qui ne pouvaient pas l'amener à suggérer l'évacuation... »

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 02:57

Hommage aux victimes,

Hommage aux victimes,

Regardez la hauteur des flammes au début et à la fin de la vidéo. Il n'y a que 4 min et les flammes sont de moitié. Dites vous que le début de la vidéo doit être à 15min du moment de d'explosions et imaginez-vous quel enfers ce devait être. L'endroit où été filmé ces images n'est qu'à 1.5km.
Voilà 5 ans que cette catastrophe est arrivée et très souvent je pense à ceux qui y sont resté, tous spécialement à Dafné, un très chouette gars qui ne devait pas se trouver là...
A mon épouse, qui est passéeà 50m, 15min avant l'explosion.
A cet employé d'Electrabel qui devait s'y rendre mais qui a du envoyer un de ses collègue parce que sa camionnette était subitement tombé en panne.
A ces pompiers et policiers communaux qui étaient là pour rendre service et pas se faire tuer ou défigurer.
A cette collègue qui avait été dérrangée par la forte odeur de gaz, quand elle est passée à 8h05'.
Au récits de mes collègues quand le sol c'est mit à trembler ou à la chaleur qu'il y avait à 1.5km de là.
A la panique de certain...
Etc, etc ......
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 02:46