L'appel a été lancé par le commandant des pompiers de Mouscron, Pol Lowagie, en sa qualité de président de l'Union provinciale du Hainaut. « Fluxys, Tramo, Diamand Bord et les autres n'hésitent pas à fustiger, pointer du doigt et dire haut et fort que tout ce qui s'est passé, c'est à cause du commandant des pompiers qui n'a pas demandé d'évacuer les lieux. Par après c'est toujours facile de dire "il aurait fallu..." C'est facile de faire la guerre lorsqu'on connaît la position de l'ennemi. Qui d'entre-nous oserait jurer qu'il aurait agi autrement face à pareille situation ? », explique M. Loagie dans un courrier électronique envoyé à de nombreuses casernes du pays et relayé par la FRCSPB (Fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique).
Par leur présence au moment des plaidoiries, les pompiers entendent « honorer la mémoire du commandant Pettiaux, qui n'est plus là pour se défendre, et celle des autres collègues et victimes disparus ». Julien Pettiaux, fils du commandant défunt, a lui-même exprimé le souhait de ne pas être seul lorsque plaidera le conseil de la famille.« Une présence nombreuse et digne (en uniforme) permettra d'honorer sa mémoire et de rendre hommage à toutes les victimes », estime le commandant Lowagie. Qui insiste : « Notre présence ne doit constituer une quelconque revendication ou récupération mais simplement être le témoignage de notre sympathie et affection envers les familles de nos collègues décédés ».
Il ne faut donc pas s'attendre à une manifestation ce mardi, ni à un cortège spectaculaire de véhicules de pompiers, et encore moins à un concert de sirènes.
« Surtout pas ! On ne va pas dire, comme on a pu l'entendre au tribunal : "ce n'est pas nous, c'est les autres" », insiste Jean-Claude Mondo. Le commandant des pompiers tournaisiens fait partie de ceux qui, la semaine dernière, ont été stupéfaits voire indignés par la façon avec laquelle des avocats ont évoqué la gestion de la fuite de gaz par le commandant des pompiers d'Ath. « Je peux accepter qu'on puisse dire qu'il a peut-être moyen d'apprécier d'une autre manière le danger, mais il y a la façon de le dire... Ici, j'ai l'impression qu'on a désigné un coupable, une personne décédée en l'occurrence ». Eddy Pettiaux était commandant depuis peu de temps, mais il était officier depuis vingt ans, rappelle M. Mondo. C'était quelqu'un de très rigoureux, très sensible à tout ce qui concernait la prévention, se souvient-il. « Rien n'est jamais simple dans ce genre de situation, et c'était particulièrement vrai à Ghislenghien. J'ai l'impression que le commandant Pettiaux ne disposait pas de toutes les informations. Aurait-il dû faire évacuer les lieux, confiner certaines personnes dans les bâtiments voisins ? Après un drame, c'est toujours plus facile de dire ce qu'il aurait fallu faire... Qui peut dire comment il aurait réagi ce matin-là ? Personne. »
